La Peuplade

  • Soumise à la frénésie incendiaire du xxie siècle, l'humanité voit sa relation au monde déséquilibrée et assiste avec impuissance à l'irréversible transformation de son environnement. Explorant cette détresse existentielle à travers sept fictions compatissantes, Antoine Desjardins interroge nos paysages intérieurs profonds et agités. Comment la disparition des baleines noires affecte-t-elle la vie amoureuse d'un couple ? Que racontent les gouttes de pluie frappant à la fenêtre d'un adolescent prisonnier de son lit d'hôpital ? Et, plus indispensable encore, comment perpétuer l'espoir et le sens de l'émerveillement chez les enfants de la crise écologique ? Autant de questions, parmi d'autres, que ce texte illustre avec nuance et tendresse, sans complaisance ni moralisme.

    Indice des feux peint les incertitudes d'un avenir où tout est encore à jouer.

    Il faut prendre soin, mon homme. Prendre soin de tout, en particulier de ce qui est en train de disparaître.

  • À Montréal, à la fin de leur adolescence, Mara et Hubert se rencontrent et s'enflamment. Ils courent les rues, les cafés, les expositions, partagent les romans de Kundera et les films de Kusturica, s'échangent des répliques de Roméo et Juliette, vivent sans modération. Ils sont comme deux doigts de la main, amis, amants, amoureux, frère et soeur du quarante-huitième parallèle Nord. Ils rêvent d'un chemin de fer pour s'élancer l'un vers l'autre. Puis tout se précipite : la mort, l'art, l'avenir, jusqu'au point où l'amour s'empêtre et déraille. Dans le cirque suspendu des amours impossibles, Mara et Hubert s'aiment, mais ne le savent pas assez.
    De Beyrouth à Prague, de Noranda à Péribonka, il y a des greniers, des patinoires, des lettres, des accidents de parcours, des territoires sauvages, des aveux et des exils. Des corps comme des continents. Des trains imaginaires et une garçonnière.

  • V. vient d'apprendre que l'on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l'équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer - ou la ramener - l'histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s'en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d'un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s'appelle Chloé.

    Les Falaises fait le récit d'un chaos à dompter, d'un grand voyage onirique, historique et féminin, qui de la Gaspésie à l'Islande réunit ces survivantes de mère en fille qui admettent difficilement être de quelque part, préférant se savoir ailleurs et se déraciner à volonté.

  • Il y a le monde de Lola et puis celui des filles, Rosie, Katherine, Isabelle, Sophie et D. Toutes partagent la difficulté d'écrire, de dire, d'être amoureuse, de jouir et d'exister dans une mythologie qui exploite au même titre le sexe, la vie et la création. Lola et les filles à vendre est un texte polyphonique coup-de-poing qui ne s'encombre pas de faux-semblants ; bien au contraire, il fait tomber les masques, se prend de face tous les ressacs. Pornographies, privilèges, trafics, trébuchements et distorsions de l'amour sont ici autant de prémisses de ces « histoires nées du mot bouche / d'une gorge ». L'écriture de Marisol Drouin, une espèce de cheval sauvage, visite d'autres narrations pour accéder à d'autres désirs et gagner ainsi en liberté.

  • Le Carrousel encyclopédique des grandes vérités de la vie moderne est une oeuvre-monde, une somme baroque et absolue. Écrit sur une période de plus de dix ans, ce livre inventorie et compile des faits et des observations, autant de vérités réelles ou fausses, probables ou non, fabriquées ou périmées. Collection d'aphorismes catégoriques et détraqués, le Carrousel forme un point de rencontre improbable entre l'esprit luxuriant de la Renaissance, les moralistes du XVII e siècle et la paranoïa totalitaire du XX e. Ce texte fou ne recule devant aucun préjugé ni aucune superstition pour ouvrir un vortex de mots qui noue et dénoue les jeux de la vérité et du langage. Un manège d'inattendu, de rire et d'optimisme.
    Il faut se méfier des gens qui disent qu'ils vont toujours bien.

  • Le livre que vous tenez entre les mains est un livre d'eau. Il garantit votre admission à La Société des grands fonds, compagnie secrète et variable, dont les membres aspirent à la rigueur du corail et à la lucidité du poulpe.
    Ce récit tressé de lumière, traversé par les courants du souvenir, plonge dans une temporalité fluide et perméable, proche de celle du rêve - une dérive ancrée au monde et au coeur de soi. Daniel Canty, parti à la rencontre des réalités entrevues entre les pages des livres, vous y entraîne dans un parcours bleuté de mélancolie, de Montréal à Vancouver à New York, où il cherche à raviver les premiers enchantements de la littérature et le courage qu'il faut pour plonger en imagination, et remonter vivre.

  • Avec ces microrécits qui décoiffent, Laurence Leduc-Primeau offre un univers vivant et rafraîchissant, peuplé d'images irrésistibles.

    Plongée fantastique dans le pays des poupées de porcelaine et des châteaux en pâte d'amande, cortège de griffons et de licornes, mains entre les cuisses et caresses tendres, fable ailée dissimulée sous le chaos, Zoologies s'émancipe du réel pour se rapprocher de la chair. Cette série de courts textes en prose décline, dans les tons du conte de fées, les couleurs érotiques de l'amour et de la mort, de l'émoi passionné et des seins qui durcissent, des animaux qu'on égorge et éviscère, qu'on nourrit de clous ou qui hurlent à la lune, et dont secrètement chaque blessure est indissociable du plaisir. Laurence Leduc-Primeau expose les principes bestiaux d'une alchimie merveilleuse.
    On a les histoires qu'on invente, chéri.

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